La bataille de Denain

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Index de l'article
La bataille de Denain
alt
alt
alt

Quatorze colonnes espacées d’une vingtaine de mètres au total trente mille hommes qui sont maintenant regroupés et attendent l’ordre de marche.

Villars dirige l’aile droite avec Montesquiou.

D’Albergotti et Vieuxpont prennent l’aile gauche. Le centre est confié au duc de Montemar et au marquis de Nangis.

D’Albergotti demande à Villars d’envoyer la cavalerie chercher des fascines, ces fagots de menus branchages que l’on utilisait alors pour combler les tranchées.

Villars dans ses mémoires se glorifie d’avoir tenu ces propos : « Croyez-vous que ces messieurs, nous en donneront le temps ? Les fascines seront les corps des premiers de nos gens qui tomberont dans le fossé ».

Il est à présent près d’une heure trente après midi.

Tous ceux qui s’apprêtent à combattre mettent un genou à terre pour, conformément à la tradition, recevoir l’absolution.

D’un même mouvement, la prière terminée la troupe se relève. Villars dégaine son épée, aussitôt imité par tous les officiers, et donne enfin l’ordre tant attendu : la bataille de Denain est engagée.

La masse compacte de l’infanterie française s’avance, l’arme au bras sans tirer, vers le fossé qu’elle descend et remonte rapidement le parapet. Elle se jette sur les palissades malgré le feu nourri de mousqueterie et de six pièces de canon des Hollandais.

Les troupes françaises ne plient pas, malgré les tués et les blessés. Elle franchit le retranchement et poursuit à la baïonnette les hollandais qui s’enfuient épouvantés devant la hardiesse des assaillants, qui au pas de charge, balaient tous les fuyards qui se précipitent vers le pont unique de Denain. Sous le poids des 19 chariots et des soldats en déroute, celui-ci se rompt ; une grande quantité d’ennemis tombe dans l’Escaut et se noie.

Lord Albemarle et son état major sont faits prisonniers.Denain est repris par les français.

Pendant ce temps, le prince Eugène, chef de la coalition, accourt avec une petite escouade et assiste à la déroute de son armée. Il tente de repasser l’Escaut par le pont de Prouvy, en aval de celui de Denain.

14 bataillons sont repoussés et décimés par les troupes du prince d’Albergotti et les troupes du prince de Tingry venues de Valenciennes. Après le massacre de 700 de ses soldats, Eugène se résout à une retraite vers son camp de Bermerain. La bataille de Denain est gagnée.

A l’issue de la bataille, les pertes françaises furent relativement peu importantes ; officiellement 865 soldats tués et 1.075 blessés.

Du côté des alliés, on dénombre environ 10 à 15000 hommes hors de combat ; entre 2000 et 3000 noyés, 2000 à 3000 tués ou blessés et 3000 prisonniers parmi eux Lord Albemarle commandant des retranchements de Denain.

Pour les historiens militaires, la manoeuvre et la bataille de Denain sont restées un modèle de stratégie et de tactique. Elles n’ont jamais cessé d’être étudiées et admirées dans les écoles militaires.

Conception simple, hardie et précise, choix excellent du but qui est le point vital de l’adversaire, exécution énergique et rapide, exploitation parfaite et tactique, de la victoire, modicité des pertes, courte durée du combat (4 ou 5 heures), importance considérable des résultats, telles sont les caractéristiques de la victoire de Denain qui fut l’un des plus grands succès militaire Français.

L’ascendant moral du prince Eugène s’évanouit au profit de Villars. Le front ennemi se déchire comme se déchire une pièce d’étoffe trop tendue dès qu’elle est simplement entaillée.

Tout le territoire perdu en France, en dehors de la ville de Lille, est repris en deux mois. Magnifique manoeuvre, petit combat, renaissance de la vaillance française, Denain fut une victoire décisive bien d’avantage encore que ne fut la bataille de la Marne en 1914, aussi décisive que le bombardement d’Hiroshima le fut pour la guerre contre le Japon en 1945.

Enfin, cette victoire de Denain montre à l’Europe que la France a repris toute sa valeur militaire. Elle permet de signer la paix en 1713 à Utrecht. Cette paix fixe la frontière du Nord à peu près comme elle est actuellement.



Haut de page