Jules Mousseron, poète mineur

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Le poète patoisant

   Qui , dans le Denaisis, ne connaît Jules Mousseron, poète mineur, né à Denain en 1868, mort dans cette même ville en 1943. Regardez autour de vous : une salle lui est consacrée au Musée municipal, une plaque est apposée sur un mur du Conservatoire de Musique (ancien coron Jean Bart, là où il a habité), une statue le représente au carrefour de l'espace Cail...

   Qui ne connaît Cafougnette, le personnage imaginaire qu'il fait parler dans toutes ses histoires et dont les Denaisiens ont fait symboliquement le géant qui défile lors du Carnaval.

   C'est en 1898 que Mousseron rencontre Julien Renard (alias André Jurénil) qui lui conseille d'écrire en rouchi (notre patois). Et Jules Mousseron a trouvé sa voie.....

Sa biographie

   C’est le 1er Janvier 1868 que naît, au n°96 du Coron Plat (actuelle résidence Danielle Casanova) à Denain, Jules Mousseron.

   A 12 ans et un jour (grâce au 1er Janvier), il descend à la fosse Renard, pour 46 années !

   D’abord galibot, il deviendra plus tard, à la suite d’une blessure, « méneux d’quévaux ». Cependant, avide de savoir, il suit les cours du soir après ses journées à la mine. Après un court séjour au 43è de ligne à Lille, réformé il revient à Denain et peu après se marie. Mineur, il « pique à la veine » jusqu’en 1898 mais pour raison de santé, il devient « raccommodeux », c’est-à-dire charpentier jusqu’à sa retraite au 1er Janvier 1926.

   Sa femme, qui lui a donné 4 filles (l’une est emportée par une méningite) meurt en 1939. Jules Mousseron ne sort plus guère, il souffre d’une pleurésie cardiaque et nous quitte le 24 novembre 1943.

   A la grisaille de l’automne, s’ajoute le deuil de l’occupation, ce qui n’empêche pas la municipalité et toute la population du Denaisis de lui rendre un ultime hommage.

   Notre poète mineur, Jules Mousseron a bien mérité de se reposer.

Extrait du bulletin n°14 (décembre 2008)des Amis du Musée municipal


C’est en 1898 qu’il rencontre Julien Renard qui écrit sous l’anagramme d’André Jurénil, homme de lettres , historien local ; celui-ci lui conseille d’écrire dans notre patois rouchi,issu directement de la langue romane du Moyen Age. Ce fut pour le mineur poète, une révélation, il avait trouvé sa voie.

     Les soirées bachiques, les cortèges de bienfaisance de la mi-carême, les séances récréatives données par divers groupements permettent au poète mineur de se faire connaître et aimer.

     En 1907, il quitte sa modeste maison du 34 coron Jean Bart, pour une demeure plus vaste et plus confortable, dont les mines lui laisseront la jouissance jusqu’à sa mort au n°2 du quartier Jean Bart, rue de Villars. On y verra défiler bien des visiteurs plus ou moins illustres, y compris un président de la République : Casimir Périer. Le poète mineur s’est fait de nombreux amis écrivains et artistes.

   En 1901, Mousseron reçoit les palmes académiques pour « des canchons et des pasquilles patoises ». On offre au décoré, par souscription publique, une grande bibliothèque que l’on peut découvrir au Musée municipal dans la reproduction de l’intérieur de sa maison du quartier Jean Bart.

   Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1936.

   A ce jour, plus de cent mille exemplaires de ses oeuvres ont été vendus, chiffre considérable pour des éditions dialectales diffusées essentiellement dans la région.

   Ils constituent le témoignage écrit le plus important de la survivance du rouchi. Mousseron est avant tout le poète de la mine. A travers son personnage principal, Cafougnette, dont les Denaisiens ont fait, symboliquement, sympathiquement, le géant, à travers cent autres créatures plus épisodiques, il dresse une grande fresque populaire.

Extrait du bulletin n°14 des « Amis du Musée municipal »


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